Elections auZimbabwe :
l'opposition chante et danse dans les rues de Harare
HARARE (AFP) - Des partisans de l'opposition au Zimbabwe sont descendus tôt dimanche dans les rues des banlieues populaires de la capitale, chantant et dansant après la revendication de la victoire dans la nuit par le Mouvement pour le changement démocratique (MDC).
"Le soleil s'est couché et le Vieux s'en va", scandait un groupe d'une trentaine d'hommes et de femmes, en allusion au soleil levant symbole du dissident Simba Makoni et au président Robert Mugabe, 84 ans, au pouvoir depuis plus d'un quart de siècle.
Et de poursuivre, lançant en l'air des prospectus aux couleurs du MDC, le principal parti d'opposition: "C'est pourquoi nous battons le tambour et nous chantons!"
Dans d'autres banlieues, des habitants curieux venaient s'enquérir des résultats, affichés sur les murs des bureaux de vote.
L'atmosphère était très calme, contrastant avec la tension qui avait accompagné les scrutins depuis 2000. Les forces de l'ordre étaient peu visibles dans la capitale.
Le secrétaire général du MDC Tendai Biti a revendiqué dans la nuit la victoire de l'opposition aux élections présidentielle, législatives et municipales de samedi.
Aucune confirmation officielle n'avait toutefois été apportée dimanche matin, les résultats commençaient seulement à arriver au centre national de la Commission électorale.
"Je n'ai encore rien reçu. Les résultats sont toujours en cours de vérification", a déclaré à l'AFP le président de la commission, George Chiweshe.
Le secrétaire d'Etat à l'Information, George Charamba, a mis en garde dans le journal Sunday Mail contre toute revendication prématurée de la victoire.
Le chef du MDC Morgan Tsvangirai "annonce des résultats, déclare le MDC et lui-même vainqueurs, et ensuite? Il se proclame président du Zimbabwe? Ca s'appelle un coup d'Etat et nous savons tous comment nous réagissons à un coup d'Etat", a lancé M. Charamba.
Pour le MDC toutefois, cette revendication précoce vise à "protéger les résultats" du parti. "Nous ne faisons pas confiance à la Commission électorale, qui n'est pas indépendante", a affirmé son secrétaire général devant la presse.
5,9 millions de Zimbabwéens étaient appelés aux urnes samedi. Le président Mugabe, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980, se présente pour un 6ème mandat à la tête d'un pays à l'économie dévastée, face à Morgan Tsvangirai et Simba Makoni, un ancien ministre des Finances entré en dissidence.
Recommandez (2) | Citez cet article sur votre site | Pages vues: 63
|